J'ai été taguée par Stelda ( je vous en supplie, allez visiter son super blog mode ), une de mes très jolies rencontres sur le net. Je vous livre donc
11 petites choses sur moi et 11 oeuvres qui me chamboulent...
11 petites choses sur moi
1. J'ai rencontré une très vilaine sorcière à l'âge de 4 ans d'où une tendance lourde à ne dessiner que des enfants transparents qui se fondent dans le décor, mais je travaille à leur rendre des
couleurs...
2. Conséquence du petit 1., je suis hypersensible aux remarques méchantes et surtout injustes qui me ramènent très vite en arrière. Ma névrose à moi.
3. Ma fille est une magicienne qui m'a jeté le sort de croire enfin en moi.
4. Je suis migraineuse, ce qui n'arrange pas mon mauvais caractère. Que mes proches soient ici remerciés de leur courage à me supporter.
5. Je suis obsédée par l'antiquité romaine et rêve, pour m'endormir paisiblement le soir, que je me promène dans les rues désertes de Pompéi comme dans la nouvelle de Théophile Gautier, Arria
Marcella.
6. J'adore le ski et suis malheureuse de ne plus pouvoir en faire à cause d'un genou tout pourri ( et aussi parce que ça coûte un rein ! ).
7. Là, certains vont me prendre pour une dingue, les autres savent peut-être de quoi il est question, mais j'ai fait une expérience incroyable: ce que Romain Rolland appelait " Le sentiment
océanique ". L'année de ma terminale, j'étais en vacances dans le Vaucluse avec des amis et lors d'une promenade à vélo, nous nous arrêtons pour pique-niquer aux abords d'une église isolée, aux
pieds des Dentelles de Montmirail. Une belle journée d'octobre, douce et ensoleillée. Mes amis, le repas terminé décident d'aller se ballader dans les Dentelles et moi, crevée par une crise de
sinusite carabinée, je reste me reposer. Je m'endors. Je me réveille 2 heures après, très reposée. Je m'assois. Derrière moi, la plaine du Comtat Venaissin. Je me retourne toujours assise et là,
un truc indescriptible, enfin jusqu'à ce que je lise quelques années plus tard ces mots de Pierre Hadot, philosophe magnifique:
" La nuit était venue. Les étoiles brillaient dans le ciel immense.(...) J'ai été envahi par une angoisse à la fois terrifiante et délicieuse, provoquée par le sentiment de la présence au monde,
ou du Tout, et de moi dans ce monde. En fait, je n'étais pas capable de formuler mon expérience, mais, après coup, je ressentais qu'elle pouvait correspondre à des questions comme: Que suis-je ?
Pourquoi suis-je ici ? Qu'est-ce que c'est que ce monde dans lequel je suis ? J'éprouvais un sentiment d'étrangeté, l'étonnement et l'émerveillement d'être là. En même temps j'avais l'impression
d'être immergé dans le monde, d'en faire partie, le monde s'étendant depuis le plus petit brin d'herbe jusqu'aux étoiles. Ce monde m'était présent, intensément présent. Bien plus tard, je davais
découvrir que cette prise de conscience de mon immersion dans le monde, cette impression d'appartenance au Tout, était ce que Romain Rolland a appelé le sentiment océanique..."
Pierre Hadot, in La philosophie comme manière de vivre.
Je n'ai pas de mots plus justes pour décrire ce que Pierre Hadot a si bien exprimé. Pour moi, il n'était pas question d'étoiles mais de soleil automnal, mais la sensation est la même,
bouleversante. Je parle rarement de cette expérience que certains jugent trop facilement mystique à mon goût, moi qui ne suis pas croyante.
Donc, si certains ou certaines d'entre vous ont déjà éprouvé une pareille sensation, non vous n'êtes pas dingues !
8. J'ai trouvé il y a des années sur mon paillasson, en partant au boulot, un chien, genre batard à poil ras. C'était un amour de chien dont je n'ai pas retrouvé le ou la propriétaire. Vous aurez
compris maintenant pourquoi j'en dessine souvent, j'en suis tombée amoureuse.
9. Je pourrais braquer une boutique La maison du chocolat rien que pour manger des bouchées Sylvia, ganache lait nature ( aaarf ! )
10. Je suis très colérique ce qui me remplit de honte et me mortifie.
11. Là, pendant que je vous écris, j'ai très mal à la tête. Comme quoi, je ne mentais pas au petit 4.
11 oeuvres qui me chamboulent ( choisir, exercice difficile... )
1. Celles et ceux qui me connaissent bien savent que je suis obsédée par la mosaïque. Diffcile d'en choisir une. Celle-ci est au Musée Archéologique de Naples et est bien évidemment encore plus
sublime en vrai qu'en photo. Et puis, je me suis promis de la reproduire un jour. Pour ça, il faudra que je progresse encore un peu techniquement, que j'aie un peu de temps à moi et aussi que ma
fille soit plus grande pour ne pas en avoir peur:-)
2. Les Hauts-de-Hurlevent de Emily Brontë. Lu, dans la vieille édition de la photo, tout juste après le bac ( au siècle dernier donc ). Une émotion énorme. Si grande que je regrette parfois de
l'avoir déjà lu car j'ai dû faire mon deuil de ressentir à nouveau cette émotion de la première fois.
3. L'église de Moret-sur-Loing, Sisley. La version du musée des beaux-arts à Rouen car le tableau appartient à une série d'une quinzaine de toiles, peintes à différentes saisons et à différents
moments de la journée. L'ombre violette, si chère aux impressionnistes , m'a cueillie au moment où je m'y attendais le moins et j'ai fini en larmes ( Madeleine, vous vous souvenez ? ). Cette
ombre violette là ( mal rendue sur la photo malheureusement ) c'était une évidence, et je crois que l'émotion est née, si forte, pas seulement à cause de la beauté du tableau mais surtout parce
que j'avais compris.
4. Impossible de choisir une oeuvre de Zola en particulier, même si, bien évidemment certaines m'ont plus touchée que d'autres. J'aime en lui tout, même ses romans mineurs, ceux où son lyrisme
l'emporte sur sa rigueur. Et ma fille s'appelle Pauline ( héroïne de " La joie de vivre " ) en son honneur. Et ça n'a pas été facile de trouver dans son oeuvre une fille qui ne soit ni une
cocote, ni une bourgeoise méprisante, ni une alcoolique, vous pouvez me croire !:-))
5. La Pudeur Voilée, Antonio Corradini, chapelle San Severo à Naples. C'est un peu un prétexte pour vous parler de Naples. L'oeuvre est sublime certes, d'une virtuosité technique époustouflante (
mais pas unique à son époque ), mais c'est surtout le lieu dont je voulais parler un peu, si représentatif à mes yeux, de Naples. Naples est une ville de contrastes. Ancienne capitale de
l'Italie, devenue aux yeux du monde la capitale de l'Italie pauvre, elle garde encore les traces de sa splendeur et richesse passées. Mais beaucoup de ces trésors se dérobent et il faut pousser
les lourdes portes des bâtiments aux façades fatiguées pour les découvrir parfois. La chapelle San Severo n'échappe pas à cette règle. Dans une rue commerçante typique du vieux Naples, on la
cherche puis on oublie qu'on la cherche, happé par l'animation de la rue et les échoppes de pâtisseries traditionnelles. Pourtant elle est là. On finit par pousser la porte. Le silence du lieu
romp avec le brouhaha de la rue, et les oeuvres somptueuses contrastent avec la façade discrète de la chapelle qui ne laisse pas deviner de telles merveilles. L'âme de Naples est là.
6.Mémoires d'Hadrien, pour les mêmes raisons que le petit 5 de la première partie.
7. Nicolas de Staël. Tout mais s'il fallait choisir , ce serait Les Martigues qui me touchent beaucoup. Comme l'ombre violette de Sisley, la mer orange de de Staël, me donne envie de pleurer.
8. Shi Tao, Orchidées, bambou, rocher. L'équilibre, l'harmonie qui se dégage de toutes ses oeuvres est fascinant.
9. Michael Kenna. Son travail hyper grapique me bouleverse car ce qui pourrait être d'une grande froideur est au contraire d'une grande chaleur tant il touche à l'harmonie.
10. Willy Ronis. Tout aussi, mais j'en choisis une de la Provence ( Gordes 1948 ). Ses clichés sur cette région sont pour moi pami les plus beaux qu'on en ait jamais fait. Ils révèlent les
contrastes fort des paysages, des habitations ( ombre/lumière, pierre/végétation... ) mieux que bien des clichés en couleur qui se contentent souvent du détail.
11. Ron Mueck ( Spooning couple ). L'expo à la fondation Cartier il y a quelques années m'a bouleversée ( oui je suis souvent bouleversée, je sais ). Bien sûr, il y a la prouesse technique mais
c'est bien plus que cela. Nous sommes tour à tour des géants ou des nains à côté de ses oeuvres, pas simplement de simples spectateurs-commentateurs. J'aime ce rôle actif que l'artiste nous
assigne.
Voilà, la séance de déballage est terminée. Migraine oblige ( dormir, je voudrais dormir ! ), je reviendrai demain avec un post pour taguer à mon tour des blogs que j'aime.
Les mots doux